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La Coëffe

A coté de cette uniformité dans l'habit Masculin, la femme en Pays d'Auge sait apporter une touche de variété, dans les coëffes notamment.
Rangées soigneusement dans des bonnetières, sortes de petites armoires normandes à une porte que l'on rencontre encore parfois chez les bons antiquaires, ces coëffes prennent des formes diverses : Elles peuvent être coniques ou cylindriques, représentent moult dentelles et rubans, et coûtent fort cher.
Selon Jean Chennebenoist et Michel Campion qui ont écrit un magnifique livre sur "les images de jadis en Pays d'Auge", "On vit des servantes consacrer des mois de leurs économies sur des salaires modestes, en prévision d'un éventuel mariage, pour être en mesure d'aborder une coiffedigne de l'idée qu'elles se faisaient de ce grand jour.
Pour préserver ce luxe fragile des intempéries, le parapluie s'imposait. Le châle complétait la silhouette traditionnelle des Augeronnes du XIX' siècle, comme d'ail- leurs des Normandes en général.
Les femmes portaient le bonnet normand , la robe d'étamine avec le tablier rouge et les fichus de cotonnade, des bas bleus et des souliers cirés ; les hommes étaient bien mis, ainsi que les enfants dont l'aspect était drôle à cause de la ressem- blance exacte de leurs vêtements avec ceux de leurs parents.
Bientôt cependant, les frais que les coëffes occasionnaient, leur firent préférer les bonnets dits "serre-tête", plus simples malgré les rubans et les dentelles qui les ornaient encore quelquefois."